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Pourquoi le coût des élections explose... et creuse une fracture entre les territoires

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Le coût de l’organisation du scrutin devrait dépasser 200 millions d’euros. Un envol qui masque une fracture territoriale, alors que l’Etat ne finance pas (ou peu) la campagne dans les villes de moins de 9 000 habitants.

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Hand Putting Ballot into a Container

Flavien Neuvy est un homme malchanceux. Candidat à sa réélection pour un troisième mandat de maire de Cébazat (Puy-de-Dôme), l’élu UDI avait tout prévu pour mener une campagne ambitieuse. Dès la fin de l’année dernière, il avait engagé un mandataire financier et loué un local de campagne dans le centre de la ville. Mais en janvier, c’est la douche froide. Les chiffres du ministère de l’Intérieur tombent : bien que la population totale de Cébazat s’établisse à 9 060 habitants, sa « population municipale », retenue pour les élections, n’est, elle, que de 8 975 habitants. Faisant tomber la municipalité sous le seuil des 9 000 habitants à partir duquel les frais de campagne sont remboursés pour les listes qui récoltent au moins 5 % des voix.

A la charge du candidat donc, l’ensemble des frais de campagne, mis à part la « propagande électorale » (affiches, circulaires, bulletins de vote) financée par l’Etat. « Soit une facture de plus de 10 000 euros », soupire l’élu, qui a dû se résoudre à mettre à contribution certains de ses colistiers à hauteur de quelques centaines d’euros chacun.

Car c’est le grand paradoxe des élections municipales de 2026. Alors que le coût général du scrutin explose sur fond d’envolée des frais postaux et de nouvelles dépenses de sécurité – une hausse chiffrée à 28,4 % par rapport à 2020 par l’ancien député PS René Dosière, président de l’Observatoire de l’Ethique publique dans une étude détaillée –, beaucoup de candidats dans les petites villes, peu aidés, sont passés en mode débrouille.

 

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Publié le 16/03/2026 ∙ Média de publication : Challenges